JOURNAL N°11 - Juillet 2009
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L’apnée du sommeil est une maladie peu connue du grand public, encore trop souvent sous diagnostiquée, mais qui frappe un nombre important et croissant de nos contemporains.
DEFINITION
Le syndrome d´apnées obstructives du sommeil (SAOS) est caractérisé par la répétition d´occlusions complètes (apnées 1) ou incomplètes (hypopnées 2) du pharynx.
Un SAOS correspond à plus de 5 apnées ou 10 apnées + hypopnées par heure de sommeil.
Les parois du pharynx sont constituées d´aponévroses, de muscles et de muqueuses. En l´absence de structure rigide pour le soutenir, le pharynx offre une grande susceptibilité à la déformation sous l´influence de la pression négative inspiratoire. Chez les patients apnéiques, il existe dès l´état de veille une réduction de la surface de section pharyngée liée :
- soit à un excès de tissus mous (hypertrophie du palais mou et/ou des amygdales et/ou de la langue)
- soit à un déficit du développement du contenant osseux (hypomaxillie, hypomaxillomandibulie).
Dès lors, la réduction physiologique de la surface pharyngée pendant le sommeil peut atteindre chez ces patients une valeur critique interdisant une ventilation suffisante (hypopnée) ou aboutir à une occlusion complète (apnée).
(1) Une apnée se définit comme une interruption de la respiration pendant plus de 10 secondes
(2) Une hypopnée par une diminution de la ventilation d’au moins 50 %
LES GRANDES DATES DE LA MALADIE
1965
Un épileptologue marseillais, Henri Gastaut constate pour la première fois chez des patients pickwickiens endormis, la survenue d´arrêts répétés de la respiration, les apnées.
1972
Un médecin d’origine française, émigré aux Etats-Unis, Christian Guilleminault, isole du syndrome de Pickwick une nouvelle entité : le syndrome d´apnées obstructives du sommeil (SAOS) (défini par l´existence de plus de 5 apnées par heure de sommeil qu´il y ait ou non une hypoventilation alvéolaire et/ou une obésité associées).
1978
Le Dr Remmers démontre qu´une occlusion pharyngée sous-tend les apnées.
1981
Pour lutter contre ce collapsus pharyngé, un praticien australien, le Dr Sullivan propose la mise en place, via un masque nasal, d´une pression positive continue dans les voies aériennes. La ventilation en pression positive continue (PPC) devient ainsi la première vraie avancée thérapeutique en matière d’apnée du sommeil. Par cette technique de ventilation assistée, le patient porte un masque pendant son sommeil, masque qui permet d’appliquer en permanence (en continu) une ventilation en pression positive. Avec cette technique, la vie des patients atteint de SAOS s’est trouvée radicalement transformée.
Aujourd’hui, plus de 100 000 patients bénéficient en France d’une assistance ventilatoire nocturne au masque.
CONSEQUENCES
Pour la société en général …
Le syndrome d'apnée du sommeil, cause la plus fréquente de somnolence diurne d'origine organique, surexpose les malades qui en sont victimes aux accidents domestiques et professionnels
« 5 millions d'Européens atteints d'apnée du sommeil menacent à chaque instant de s'endormir au volant. ». Telles sont les conclusions d’une étude de la Société européenne de pneumologie (ERS), qui a demandé à l'Union européenne de prendre en compte ce trouble dans l'octroi du permis de conduire et d'harmoniser les législations nationales.
Plus de 80% des patients sont invalidés dans leur vie quotidienne par une somnolence diurne excessive dont on peut évaluer l'importance par divers questionnaires, note le Dr Frédéric Gagnadoux Praticien hospitalier Hôpital Saint Antoine, Paris.
Le problème, soulignent les pneumologues français, c'est que de nombreux patients ignorent qu'ils souffrent d'apnée du sommeil, et que leur mal n'est parfois décelé que plusieurs années après son apparition, quand ce n'est pas, plus tragiquement, après un premier accident de la route.
…pour les malades eux-mêmes
En dehors de ces conséquences visibles il existe aussi un certain nombre de signes et de risques plus insidieux pour la santé des malades. A court terme les apnées du sommeil augmentent le rythme cardiaque et la tension artérielle et peuvent favoriser une hypertension artérielle (HTA) ou des accidents vasculaires cérébraux ultérieurs. Une étude américaine a démontré qu’au delà de 15 apnées-hypopnées par heure de sommeil, le risque de développer une HTA dans les 4 ans est 3 fois supérieur, indépendamment des autres facteurs de risque. D’où l’intérêt de ne négliger aucun signe évoquant un trouble du sommeil.
S’il existe un lien épidémiologique entre le SAOS et l´HTA, l´insuffisance coronarienne ou les accidents vasculaires cérébraux, l’interprétation de ses liens est toutefois compliquée par la présence de nombreux facteurs confondants tels que l´obésité, l´âge, le sexe et la consommation tabagique.
A noter cependant que l´obésité est très fréquente dans le SAOS : les obèses avec SAOS ont plus tendance à prendre du poids que les obèses sans SAOS.
Le syndrome des apnées obstructives du sommeil en particulier touche également un grand nombre d’insuffisants rénaux et induit des troubles de la vigilance.
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